Le site internet de Libération publie une interview de Valérie Pécresse par des étudiants de l’université de Nanterre. Parmi les questions posées, celle sur l’avenir des jeunes chercheurs m’intéressait particulièrement. Je ne suis plus vraiment un jeune chercheur mais j’ai encore un très mauvais souvenir du manque de considération de l’État pour les doctorants et des jeunes docteurs à l’époque où j'étais concerné.
Valérie commence fort, en expliquant qu’il n'y a rien sur le post-doctorat. Cela tombe bien, c’est là que tout se joue, ou du moins là que tout s’est joué pour moi : l’absence de statut stable après le doctorat pousse généralement de nombreux docteur à aller voir ailleurs.
Rien pour les post-doctorat mais la possibilité d’embaucher des personnes de qualité à coté du statut de maitre de conférence. Valérie est claire : il s’agit d’offrir des conditions attractives pour permettre aux chercheurs français qui se sont exilés de revenir. Ne me demander pas pourquoi on préfère tenter de les faire revenir plutôt que d’essayer de les garder, je ne comprends pas plus que vous. Continuons. Valérie rentre dans le détail : ces contrats sont de trois ans, renouvelable une fois avant titularisation. ainsi donc, au moment où le chercheur a fait ses preuves à l'étranger et va obtenir une visibilité à long terme, des moyens et de l’autonomie, la France lui propose de recommencer. La contractualisation est une achine à remonter le temps pour chercheur, on sent que la réflexion a été chiadée.
Comme ce statut n’a pas fini de faire rire les expatriés, Valérie précise tout de même que la voie normale pour intégrer l’université est le statut de maitre de conférence, un statut qui devrait changé (en mieux), sans qu’elle puisse nous dire encore comment. Malheureusement, dans toute les pistes de changement évoquées, les conditions d’accès sont absentes. On continuera donc à proposer un parcours du combattant qui découragera ceux qui ont envie d’avoir leur destin entre leurs mains.
Je crois sincèrement que l’accession au poste de maitre de conférence dégoute plus de docteurs que les conditions de travail du poste. Le manque de moyen une fois en poste également, mais on a déjà une idée de cela avant. Il est clair que ce n’est pas l’avis de Valérie Pécresse. La recherche Française me fait toujours de la peine.