L'avis de Nicolas B.

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mercredi 23 avril 2008

La mort de Pascal Sevran

Lundi, vers 18 h 45, raconte un journaliste d’Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach appelle la rédaction : il a une info, Pascal Sevran est mort. «La rédaction freine, explique le journaliste, il n’y avait aucune confirmation.» A deux minutes du journal de 19 heures, Elkabbach rappelle : «Je confirme.» Un salarié de la station soupire : «Après tout, c’est le patron, on se dit qu’il a des réseaux qu’on n’a pas.» Et Europe 1 d’annoncer la fausse nouvelle, très vite démentie.

[...]

Il y a à peine un mois, un certain Jean-Pierre Elkabbach annonçait la création d'un groupe de travail chargé, à Europe 1, de réfléchir sur «les sources, la vérification de l'information, la crédibilité des sites Internet, des blogs, les rumeurs, les frontières entre la vie publique et la vie privée».

Libération, Elkabbach, le scoop de la mort qui tue

Visiblement le groupe de travail commence par un mise en situation, ça doit être ce qu'opn appelle du journalisme de terrain.

vendredi 28 mars 2008

Le figaro et les probabilités conditionnelles

Une probabilité conditionnelle est la probabilité qu’un évènement découle d’un autre. La probabilité qu’un évènement B se produise lorsque l’évènement A s'est produit (la fameuse probabilité conditionelle, que l'on énonce : la probabilité de B sachant A) est bien entendu différente de la probabilité que l’évènement A se produise sans tenir compte de B.

Prenons un exemple simple pour illustrer ces propos: admettons que la chance pour une personne tombe enceinte lors d’un rapport sexuel soit de 10% (aucune idée de la crédibilité de ce chiffre), ceci est la probabilité de l’évènement A. Si on considère maintenant l’évènement B « être un homme », je vous assure que la probabilité de A sachant B, n’est pas de 10%, elle est plus proche de 0% (encore que, via un twit de Laurent).

C’est assez simple non ? Et bien visiblement, pas pour le figaro :

«Pour 58% des Français, le style Sarkozy a changé en bien.» C’est le titre d’un article de l'édition papier du Figaro de ce vendredi, qui s’appuie sur l’analyse d’un sondage réalisé par Opinion Way pour Le Figaro et LCI.

[…] À la question «Diriez-vous que depuis quelques semaines, Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière différente», 49% des sondés répondent par l’affirmative, 50% jugeant qu’il préside de la même manière.

D’où viennent alors ces satanés 58% ? C’est en fait la suite de la question, sur les 49% des Français qui estiment notre Président changé, 58% disent que sa manière d’exercer la fonction de président de la République a changé plutôt en bien.

Liberation, Sondage: le titre du «Figaro» inverse la tendance.

Ahah, ils sont nuls en maths au figaro ! Alors que chez libération, non. Encore que, un peu plus loin dans l’article, on lit : Si l’on fait le calcul, on s’aperçoit que ce sont en réalité... 28,42% des Français qui trouvent que le Président a effectivement changé. Malheureusement raté, ce chiffre est celui des français qui pensent que le style de Nicolas Sarkozy a changé et qu’il a changé plutôt en bien. Dommage, on était pas loin d’une bonne note chez Libé.

mardi 25 mars 2008

Si la situation empire

Le Figaro
Irez-vous à la cérémonie d’ouverture des Jeux à Pékin ?
Rama Yade
On ne connaît pas encore la composition de la délégation française. Tout ce que je peux dire, c'est que si la situation empire, je me vois mal, à titre personnel, assister à cette manifestation sportive sans réagir.

Interview de Rama Yade dans le figaro.

C’est vrai que pour l’instant, il n’y a pas de quoi s'alarmer.

vendredi 21 mars 2008

Valérie Pécresse dans Libé

Le site internet de Libération publie une interview de Valérie Pécresse par des étudiants de l’université de Nanterre. Parmi les questions posées, celle sur l’avenir des jeunes chercheurs m’intéressait particulièrement. Je ne suis plus vraiment un jeune chercheur mais j’ai encore un très mauvais souvenir du manque de considération de l’État pour les doctorants et des jeunes docteurs à l’époque où j'étais concerné.

Valérie commence fort, en expliquant qu’il n'y a rien sur le post-doctorat. Cela tombe bien, c’est là que tout se joue, ou du moins là que tout s’est joué pour moi : l’absence de statut stable après le doctorat pousse généralement de nombreux docteur à aller voir ailleurs.

Rien pour les post-doctorat mais la possibilité d’embaucher des personnes de qualité à coté du statut de maitre de conférence. Valérie est claire : il s’agit d’offrir des conditions attractives pour permettre aux chercheurs français qui se sont exilés de revenir. Ne me demander pas pourquoi on préfère tenter de les faire revenir plutôt que d’essayer de les garder, je ne comprends pas plus que vous. Continuons. Valérie rentre dans le détail : ces contrats sont de trois ans, renouvelable une fois avant titularisation. ainsi donc, au moment où le chercheur a fait ses preuves à l'étranger et va obtenir une visibilité à long terme, des moyens et de l’autonomie, la France lui propose de recommencer. La contractualisation est une achine à remonter le temps pour chercheur, on sent que la réflexion a été chiadée.

Comme ce statut n’a pas fini de faire rire les expatriés, Valérie précise tout de même que la voie normale pour intégrer l’université est le statut de maitre de conférence, un statut qui devrait changé (en mieux), sans qu’elle puisse nous dire encore comment. Malheureusement, dans toute les pistes de changement évoquées, les conditions d’accès sont absentes. On continuera donc à proposer un parcours du combattant qui découragera ceux qui ont envie d’avoir leur destin entre leurs mains.

Je crois sincèrement que l’accession au poste de maitre de conférence dégoute plus de docteurs que les conditions de travail du poste. Le manque de moyen une fois en poste également, mais on a déjà une idée de cela avant. Il est clair que ce n’est pas l’avis de Valérie Pécresse. La recherche Française me fait toujours de la peine.