L'avis de Nicolas B.

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Tag - Florent Pagny

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jeudi 16 octobre 2008

Pour qui sont ses serpents qui sifflent sur notre hymne ?

Mardi, alors que la crise nous offrait ses dernières heures de répits et que notre président s'ennuyait ferme sans cause à rejoindre, quelques patriotes présents au stade de France montrait leur mécontentement devant la mauvaise interprétation de la marseillaise par la chanteuse Laam en sifflant sa prestation.

Malheureusement, la classe politique dans son ensemble se trompant dans l'’interprétation des sifflets, on se retrouva à prévoir une réunion d'urgence à l’Élysée pour empêcher de siffler la marseillaise, quelque soit l’interprète, sans aucune dérogation, même si l’on invite Florent Pagny à venir mugir dans nos campagne avant un match. Un peu plus tard, les recommandations tombaient pour éviter de revivre une pareille mésaventure :

  • Tout match où notre hymne national sera sifflé sera immédiatement arrêté. Comme l’hymne a lieu avant le début du match, c’est assez ben pensé : il est toujours plus pratique d’arrêter quelque chose qui n’a pas démarré. Ensuite, j’imagine que les dizaines de milliers de spectateurs qui ont fait le déplacement pour entendre Cindy Sander se faire huer évacueront les lieux dans le calme, sans la moindre agressivité.
  • Les membres du gouvernement quitteront immédiatement l'enceinte sportive où notre hymne national a été sifflé. Bah oui, faut pas nous prendre pour des cons : si le match est arrêté, ils ne vont pas rester dans un stade vide à attendre que Cindy ait terminé sa crise de larme pour se retaper une marseillaise malmenée.
  • Tous les matchs amicaux [avec les pays dont les supporters ont sifflé l’hymne] seront suspendus pendant un délai qui restera à fixer par le président de la fédération. Une grande idée, qui fait que l’image de notre pays sortira grandi auprès de tous les supporters qui n’avaient pas sifflé.

En résumé, un ensemble de décisions prises de sang froid, avec une réflexion poussées et sans aucune démagogie. Encore une victoire du bon sens.

jeudi 28 février 2008

Au suivant

Hier, j’ai écouté en diagonal Pagny chante Brel. C’est dur d’être objectif : je suis fan de Brel et je n'ai jamais spécialement apprécié Florent Pagny. Je suis en plus assez dur avec les reprises de Brel. Même le Ne me quitte pas de Nina Simone a du mal à trouver grâce à mes yeux. J’ai quand même voulu l’écouter, en essayant de rester le plus neutre possible. Pagny chante Brel

Il y a un indice dans la première phrase : Je l’ai écouté en diagonal. Écouter intégralement le disque ne m'étais pas possible. Certains titres sont sauvables. Quand je dis sauvables, je devrait dire audibles. Le reste donne surtout envie d’écouter les avions décoller au bord d’une piste de Roissy Charles de Gaulle pendant des heures, juste pour écouter des sons plus mélodieux. Je ne sais pas si c’est Florent Pagny qui a voulu changer l’orchestration des titres mais le responsable mérite le pal. La bouillie servie à la place des musiques originales est sans âme, sans sentiment, complètement détachée des textes. Si au moins cela avait été prétexte à un changement de style, on aurait pu trouver l’excuse de l’audace. Il n'y aura que celle de l'absence de talent.

Le même reproche vaut pour la voix. Florent Pagny ne beugle pas mal, non, mais il beugle tout de la même façon. Le problème c’est que le héros fébrile d’au suivant, l’amoureux désespéré de Mathilde, celui ambigu de chez ces gens là ou encore le spectateur triste et attendri d'Orly ne forment pas un tout. Pire, leur façon d’être évolue au cours d’une chanson. Ici, ils sont tous Florent Pagny, emprunts d’une assurance et d’une force qui semble être autant à sa place dans les chansons qu’un jeune immigré dans le kop du FC Metz.

Parfois, quand la musique n’a pas voulu trop s’éloigner de l’originale et quand les paroles se rapprochent de Florent Pagny, on entend quelques instant d’une reprise moyenne, sans génie de Brel. Pagny chante Brel comme il chantait Caruso, comme il chanterait Bézu ou la compagnie Créole. Sa voix est un marteau et toutes les chansons pour lui ressemblent à des clous. Les coups de marteaux donnent mal à la tête.