Laurent avait à peine fini de tordre joliment le cou à la nébuleuse du blogueur influent que Cratyle lui redonnait vie, tel un docteur Frankenstein. Le billet est long et très bon, même si je ne suis pas d’accord avec le fond. On peut le résumer par les deux passages graissés par l’auteur : l’influence est la capacité de générer une discussion sur un sujet donné et sur internet, l’influence que l’on est capable d’exercer tend vers l’influence que l’on est capable de recevoir.

En fait, c’est malheureux à dire mais je ne crois pas que les blogueurs que certains disent influents aient cette capacité de générer les discussions. Prenons l’exemple de Laurent. Parmi les nombreuses entrées du journal de bord, quelques-unes déclenchent un torrent de commentaires et de réactions, une grande majorité subissent quelques réactions d’habitués ou de gens de passages touchés par le sujet, et quelques-unes se retrouvent esseulées, abandonnées par les lecteurs. Où est le choix de Laurent dans la répartition des commentaires entre les billets ?

Je crois que les blogueurs dit influents sont très bons pour sentir l’air du temps et pour trouver les mots qui feront réagir. C'est un talent de communiquant, d’animation et c’est loin d’être facile. Seulement voilà, ils ne choisissent pas ce qui provoquera la réaction. Ils ne peuvent faire réagir que sur les sujets qui touchent leur lectorat. Bien sûr, la façon de dire les choses à un impact mais cela est marginal (sauf dans de rares exceptions, notamment qu’ils expriment sont très radicales).

Ajoutés à cela l’effet de masse et finalement, ce n’est pas le blogueur qui est influent mais son lectorat. L’un propose, l’autre dispose.

On pourrait m’objecter que le sujet dont je parle ici n’est pas dans l’air du temps, que j’y suis venu à cause des billets que j'ai cité. Ça serait oublier ou ne pas savoir que le sujet me tient à cœur depuis longtemps et qu’il y a de forte chance de me voir réagir quand on en parle. Jouer avec mes réflexes pavloviens n’est pas avoir de l’influence.