Authueil trolle sur les manifestations étudiantes, terminant son analyse par un chiffre avancé par la cour des comptes en 2005 : 32000 enseignants n'exercent pas d’activités pédagogiques. La conclusion hâtive suit : on peut supprimer des postes, ça n’influera pas sur la qualité.

J’adorerais y croire. Seulement voilà, n’ayant jamais brulé un cierge à la gloire de saint Pernault, patron des poujadistes, j’ai appris à me documenter quand un chiffre me paraissait exubérant. La sortie de ces chiffres a été sujette à une énorme polémique. On peut notamment trouver en ligne la réaction de la FSU, qui commente notamment les chiffres postes par postes. Certes, entre la FSU et la cour des comptes, la palme de la partialité est largement destinée à la première mais certains arguments sont parfaitement recevables :

Présenter comme sans activité pédagogique les conseillers pédagogiques (3350 ETP), les enseignants à temps plein ou partagé en IUFM ou dans le supérieur (universités ou IUT) ne peut relever d’une approche sérieuse.

[…]

Tout en soulignant « qu’on peut rencontrer, dans d’autres organisations, des taux de décharge syndicale plus élevés » et que celles-ci ne sauraient être contestées, le rapport ne les intègre pas moins dans les 32 000 équivalents temps plein « hors enseignement » dont la commission des finances demande au « Gouvernement de préciser clairement la justification ».

Par ailleurs, le président de la cour des comptes, Philippe Seguin, y était également allé de son allocution (daté injustement sur le site du mois de novembre 2004 alors qu’elle a été tenue en mars 2005) pour relativiser l’utilisation des chiffres de ce rapport :

[…] les extraits choisis, isolés de leur contexte, ne donnaient une impression largement erronée des constatations opérées par la Cour et n’entraînaient par ailleurs des interprétations infondées du propos de celle-ci.

[…]

La conclusion même du rapport de la Cour en est la preuve :

Je cite sa dernière phrase :

" S’il est (...) possible de répondre à la question « qui, combien et pourquoi des enseignants des premier et deuxième degrés ne se trouvent pas devant des élèves pour y exercer le métier pour lequel ils ont été recrutés ? » (...) il est difficile de porter un jugement entier sur le caractère justifié ou non de cette situation. "

Mais si, mais si, il est facile de porter un jugement hâtif sur la situation, ne vous inquiétez pas. Authueil serait-il prêt à parier que le nombre d’enseignant exerçants une activité pédagogique sera stable à la rentrée prochaine ? Moi pas. En attendant, scandons qu’il faut faire du qualitatif et non du quantitatif, sans préciser ce qu'on propose pour améliorer la qualité, la mode est aux slogans vides de sens.