Souviens toi de l'été dernier, quand la droite votait une avancée sans précédent pour le droit des usagers et que la gauche poussait des cris d'orfrai en indiquant que c'était la fin du droit de grève. Ce mois de janvier et les magnifiques blocages qui ont eu lieu sans mouvement de grève de grande ampleur annoncés aura eu raison des derniers espoirs ou des dernières craintes qui subsistaient dans chaque camp. Le service minimum est une fumisterie et l'opposition a caricaturé le texte plutôt que de dénoncer son inutilité. À mon souvenir, c'était le premier gros dossier qui mettait en place des schémas largement employés depuis :

  1. La majorité annonce qu'ils vont faire bouger les mentalités, ça s'accorde avec à peu près tous les sujet : éducation, droit du travail, logement, économie numérique, composition des repas à la cantine, taille des portions de frites chez MacDonald.
  2. S'en suit des annonces de réformes choc, parfois contradictoires, histoire que l'on sache pas vraiment où on met les pieds.
  3. L'opposition fonce alors dans le tas, avec une discipline plu digne des wisigoths que de l'armée romaine. On apprécie en général le sens de la mesure : en fonction du sujet, c'est la fin de l'ascenseur social, de la cohésion sociale, du droit de grève, de la république, du menu best-of.
  4. Une fois que le sujet est devenu un beau merdier, la majorité pond un texte qui, au final, ne change pas grand chose, en continuant à annoncer qu'il va changer la face du monde.
  5. L'opposition continue alors ses critiques, même si elles sont infondées, juste opur ne pas perdre la face.
  6. La réforme passe comme les marins sur la Lulu, et on peut s'attaquer à une autre réforme de fond.