Les voix dissidentes
Par Nicolas le jeudi 10 avril 2008, 17:16 - Politique - Lien permanent
On peut se souvenir de Fadela Amara, secrétaire d’état d’ouverture qui avait
qualifié de
dégueulasse
l'amendement ADN de la loi sur l’immigration, s’attirant
les foudres des parlementaires UMP avant que la présidence n’appelle au retour
au calme. On peut se souvenir de Rama Yade, qui jugeait indécente
la visite du colonel Kadhafi en France avant de se raviser. Il y a aujourd’hui
celle de Nathalie Kosciusko-Morizet, critiquant le groupe parlementaire de
l’UMP et son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, avant
d’être forcée de présenter des excuses.
Alors que l’on nous habitue à une communication maitrisée, ces dérapages finalement ayant lieu à chaque fois sur des sujets où l’opinion publique est globalement défavorable à l’action gouvernementale, parlementaire ou présidentielle, me laissent songeurs. Certes on peut penser que NKM sort affaiblie, désavoué par son premier ministre. On peut voir également que cela la pose en victime, ce qui la rend populaire auprès des opposants aux OGM. Le gouvernement crée ainsi en son sein une égérie des opposants, il peut faire valoir que le débat existe dans la majorité et arbitrer comme bon lui semble.
Commentaires
Tu as parfaitement raison, et cela fonctionne ainsi depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Il y a tout dans la majorité : la Gauche (Gauche Moderne) le Centre (Nouveau-Centre) la Droite et même l'Extrême-Droite et tous ces gens-là débattent.
Enfin non, ils donnent leurs opinions.
Et encore, même si ce n'est pas le cas de NKM, la plupart du temps, c'est par média interposé, le débat a ses limites.
Et lorsque vient le moment du vote, les consignes de groupe sont bien respecté. (Au pire, on s'abstiendra pour essayer de gagner sur les deux tableaux)
À quoi bon avoir d'autres partis que ceux de la majorité puisqu'il y a débat. À la vue de la désorganisation du MoDem et du PS, cette stratégie ne semblent pas totalement stupide.
On a poussé le mécanisme un peu plus loin même : on influe très légèrement une position trop radicale pour montrer que l’on a pris en compte ces voix dissidentes, tout en ne changeant rien au fond du texte ; on propose un calendrier chargé pour que l’on évite de s’attarder sur les décisions qui ont été prises.
Ce qui est amusant, c'est qu’envisager une telle stratégie frise la théorie du complot, ce qui donne une ligne de défense toute trouvée à ces acteurs. C’est décidément très fort.