L'avis de Nicolas B.

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mercredi 2 avril 2008

Les résultats des lycées

Le site du ministère de l’éducation nationale vient de publier les indicateurs de résultats des Lycées d'Enseignement Général et Technologique et des Lycées Professionnels. On notera la volonté d’éviter de parler de notation ou de critères de performance, même si ces indicateurs sont élaborés par un organisme qui a une dénomination que l’on pourrait juger inquiétante : la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance (notamment à cause de l’aspect évaluation).

Bonne nouvelle, les résultats sont totalement inutiles et inexploitables. Avec des pourcentages de réussites dignes d’un score d’élection de république bananière ou de deuxième tour Chirac – Le Pen, on peut enfin avoir la certitude que les lycées français fonctionnent magnifiquement bien. Bon bien sûr, les pinailleurs verront que certains lycées sont en dessous de la moyenne nationale et feront tout pour éviter à leur talentueuse progéniture la fréquentation malsaine de ces établissements.

À la lecture de ces données, je me demande réellement l’intérêt d’une telle publication. Ces chiffres bruts ne reflètent en rien de la qualité de l’enseignement, de l’ambiance du lycée, de tout ce qui est propice à un bon apprentissage. Les statistiques proposées ne sont qu’un agglomérat de destins personnels de lycéens. L’impact de l’équipe pédagogique se voit dans l’évolution des élèves, pas dans un résultat final. Évidemment ce genre de chose est moins facile à quantifier.

mercredi 26 mars 2008

Crise cardiaque 1- Gilardi 0

Alors que l’on a appris hier soir la mort de Thierry Gilardi, une question préoccupe tous les amateurs de sport en canapé : qui commentera le match de ce soir avec Jean-Michel Larqué ?

mardi 25 mars 2008

Si la situation empire

Le Figaro
Irez-vous à la cérémonie d’ouverture des Jeux à Pékin ?
Rama Yade
On ne connaît pas encore la composition de la délégation française. Tout ce que je peux dire, c'est que si la situation empire, je me vois mal, à titre personnel, assister à cette manifestation sportive sans réagir.

Interview de Rama Yade dans le figaro.

C’est vrai que pour l’instant, il n’y a pas de quoi s'alarmer.

vendredi 21 mars 2008

Valérie Pécresse dans Libé

Le site internet de Libération publie une interview de Valérie Pécresse par des étudiants de l’université de Nanterre. Parmi les questions posées, celle sur l’avenir des jeunes chercheurs m’intéressait particulièrement. Je ne suis plus vraiment un jeune chercheur mais j’ai encore un très mauvais souvenir du manque de considération de l’État pour les doctorants et des jeunes docteurs à l’époque où j'étais concerné.

Valérie commence fort, en expliquant qu’il n'y a rien sur le post-doctorat. Cela tombe bien, c’est là que tout se joue, ou du moins là que tout s’est joué pour moi : l’absence de statut stable après le doctorat pousse généralement de nombreux docteur à aller voir ailleurs.

Rien pour les post-doctorat mais la possibilité d’embaucher des personnes de qualité à coté du statut de maitre de conférence. Valérie est claire : il s’agit d’offrir des conditions attractives pour permettre aux chercheurs français qui se sont exilés de revenir. Ne me demander pas pourquoi on préfère tenter de les faire revenir plutôt que d’essayer de les garder, je ne comprends pas plus que vous. Continuons. Valérie rentre dans le détail : ces contrats sont de trois ans, renouvelable une fois avant titularisation. ainsi donc, au moment où le chercheur a fait ses preuves à l'étranger et va obtenir une visibilité à long terme, des moyens et de l’autonomie, la France lui propose de recommencer. La contractualisation est une achine à remonter le temps pour chercheur, on sent que la réflexion a été chiadée.

Comme ce statut n’a pas fini de faire rire les expatriés, Valérie précise tout de même que la voie normale pour intégrer l’université est le statut de maitre de conférence, un statut qui devrait changé (en mieux), sans qu’elle puisse nous dire encore comment. Malheureusement, dans toute les pistes de changement évoquées, les conditions d’accès sont absentes. On continuera donc à proposer un parcours du combattant qui découragera ceux qui ont envie d’avoir leur destin entre leurs mains.

Je crois sincèrement que l’accession au poste de maitre de conférence dégoute plus de docteurs que les conditions de travail du poste. Le manque de moyen une fois en poste également, mais on a déjà une idée de cela avant. Il est clair que ce n’est pas l’avis de Valérie Pécresse. La recherche Française me fait toujours de la peine.

vendredi 29 février 2008

Point de deuxième chance

D’après le site de 20 minutes et le Monde, des étudiants de la Faculté de Poitiers, soutenus par la présidence de celle-ci, des professeurs et des politiques, se sont mobilisés contre l'affectation d'un professeur d’histoire du droit, en raison de son passé au sein du mouvement d'extrême droite le GUD.

Cet enseignant, Benoît Fleury, parce qu'il a été reçu premier à l’agrégation, avait le droit de choisir librement la Faculté où il désirait exercer. C'est la règle universitaire, elle s'impose à tous et elle doit bénéficier à quiconque se trouve en statut de pouvoir réclamer son application. A Benoît Fleury comme à tout autre, partout ailleurs en France.

Ce n’est pas la conception qui prévaut à Poitiers.

D’abord, une pétition réunissant quelque deux cent cinquante signatures, dont celles de trois députés socialistes de la Vienne et du Doyen de la Faculté des sciences humaines et arts, prétend s’opposer à la venue de ce nouvel agrégé parce que son passé ne plaît pas.

Philippe Bilger — La honte sur Poitiers ?

Je crois que de tels comportements, sous prétexte de lutte contre l’extrémisme, me dégoutent au moins autant que l’extrémisme lui même.

mercredi 27 février 2008

C’est mon Shoah

Avant-propos : Oui, j'ai honte de mon titre.

Lorsque Xavier Darcos présente son nouveau programme qui font du français et des mathématiques une priorité… Stop, parlons déjà de cela. J’aime beaucoup cette idée. Je m'étonne d’ailleurs que personne n'ai réagi lorsqu’on a mis en place des programmes où ces matières n’étaient pas une priorité. Où étaient les défenseurs de l’éducation lorsqu’on a imposé des programmes plaçant le macramé et la galette bretonne comme priorité nationale ?La question se pose, des têtes doivent tomber !

Mais revenons à nos moutons, qui doivent être plutôt bien gardés en ce moment. Donc, Xavier Darcos, nouveau programme, 20 février. Lors de cette présentation donc, il explique qu’il [n’imposera] aucune méthode particulière aux enseignants pour transmettre ces savoirs aux élèves. Un grand défenseur de la liberté pédagogique donc, chose qui est tout à son honneur.

Un peu plus d’une semaine plus tard, notre grand défenseur des libertés s’attelle à la promesse présidentielle du devoir de mémoire en CM2 et nous explique donc qu’il va bien intégrer au programme le lien affectif entre les enfants morts [de la Shoah] et les enfants d'aujourd'hui afin de répondre au souhait du président qui pense que c'est une manière d'aborder ce sujet qui est au fond indicible, incompréhensible, qui résiste à la raison. Le choix de la méthode donc, c’est pour la lecture ou l’écriture mais pas pour la Shoah. Parce que bon, la Shoah, c’est quand même un peu moins compliqué que le français quoi, on va pas y aller par quatre chemin : pour elle, c’est parrainage d’un mort obligatoire, et puis c’est tout. La liberté d’enseigner s’arrête donc là où commence les bonnes idées du président ou le clientélisme religieux, au choix et peu importe si cela dessert la cause que l’on prétend défendre.

Le choc de confiance

Pour de nombreux salariés, le premier ministre va enfin réussir à provoquer le choc de confiance tant espéré. Ce ne fut pas une mince affaire. Il a fallu préparer le terrain depuis la précédente présidence, en ficelant un contrat de travail caduque pour parvenir à cet exploit. Ainsi, grâce au talent de légiste de la précédente équipe gouvernementale et à la décision annoncé de Xavier Bertrand, tout un tas de CNE va se transformer en CDI. Il faut reconnaitre au gouvernement sa cohérence. Pour les délinquants dangereux comme pour les travailleurs précaires, il souhaite maintenir les effectifs en place pour une durée indéterminée.

mercredi 20 février 2008

L’humour du président de la commission sur la copie privée

Hier soir, sur France Info, j’ai écouté un débat entre Tristan d’Albis, président de la commission sur la copie privée et un représentant de l’UFC - Que Choisir dont j’ai oublié le nom. Le débat faisait suite au tumulte de ces derniers jours au sein de la commission, tumulte que l’on comprend mieux après avoir écouté l’argumentaire rigolo de Tristan sur les choix de sa grosse commission.

En effet, alors qu’il était tancé par son interlocuteur sur la pertinence de la prise en considération des copies privées pour le calcul de la taxe sur les supports vierges, le bon Tristan a répliqué sans même pouffer qu’il n’avait pas à se substituer à la loi. Et ça, je vous assure, c’est drôle. Si si, ça l’est, il suffit de reprendre les morceaux dans l’ordre pour s’en rendre compte.

Reprenons depuis le début. La France reconnait le droit à la copie privée. En gros vous achetez une œuvre, vous avez le droit d’en faire une copie pour votre usage personnel. La France reconnait aussi la propriété intellectuelle. En gros, vous ètes artiste, vous avez le droit de choisir comment va se propager votre œuvre. Le problème, c’est que ces deux droits mis ensembles ne s’accordent pas trop (oui, on sent que je ne suis pas juriste, pas la peine de le faire remarquer). Du coup, pour essayer de pacifier le tout, on crée une commission, ça évite que les parlementaires et la loi règlent un vrai problème. Le principe est simple : trouver un moyen de rémunérer les artistes pour le manque à gagner généré par le droit à la copie privée. Simple à comprendre ? Pas pour tout le monde visiblement et particulièrement pas pour notre vénéré Tristan, puisque la commission qu’il préside décide d’inclure le manque à gagner dû au piratage pour calculer sa taxe. Tristan sans avoir l’air d’y toucher, vient donc de créer un fond de compensation pour le piratage alors qu’on lui demandait de réfléchir à la copie privée. Ce genre de mecs, tu lui commande un abri de jardin, il te livre Versailles. C'est pourquoi, quand il explique qu’il ne veut pas se substituer à la loi, on peut choisir son plus beau jaune et se mettre à rire.

Pendant ce temps là, l’UFC - Que Choisir, pourfendeur des comiques troupiers présidents de commission, saisi le conseil d’État. Ces gens là n'ont pas d’humour.

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