L'avis de Nicolas B.

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lundi 14 avril 2008

La Chine attendra

Dans une interview lamentable accordée à Europe1, Jean-Luc Mélenchon défend plus que de raison la Chine face, en vrac, aux États-unis, à RSF, au Dalaï-Lama et aux tibétains, donnant au front de solidarité avec les tibétains des allures de grand complot mondial qui ferait sourire si ce n’était pas abject. Guillermo résume d’ailleurs très bien la situation.

Au milieu de la vaste propagande mélenchoniste, on y lit toutefois une autre information, qui a le mérite de taper un peu plus juste. Le sénateur socialiste (hélas) déplore que notre président n’ait pas encore reçu le nouvel ambassadeur chinois en France pour qu'il lui présente ses lettres de crédit, un mois et demi après sa nomination. D'après le site du Figaro, le Quai d’Orsay estime que le délai est «raisonnable», compte tenu de l'emploi du temps du chef de l’État. Oui, je grimace. Pourtant j'essaie d’en sourire.

Depuis un mois et demi, notre chef de l’état, qui s’est prononcé à mainte reprise sur le sujet, et qui tient une formidable occasion d’en parler avec un représentant du principal pays intéressé, n’a pas eu le temps. Certes, il était plus important de recevoir le président du football club de Lens et les joueurs pour les assurer de son soutien lors de l’affaire de "la banderole anti-chtis". Doit-on demander une banderole aux Boulogne Boys pour que le président de la République reçoive monsieur l’ambassadeur ?

Pendant ce temps là, des coureurs portant la flamme arrivent à pied par la Chine (j’ai pas pu m'empêcher).

La bonne blague de la bande à Ségo

L’initiative de Ségolène Royal aurait pu être bonne : une consultation des militants sur un ensemble de points semble une bonne chose. Je crois que cela va générer plus de bruits que d’idées neuves et surtout, je regrette que cela soit une initiative de quelques-uns au bénéfice d’une seule et non une décision du parti mais ça aurait presque pu être une bonne chose. Seulement voilà, depuis, le site recueillant les idées des militants a ouvert, avec son nom improbable, digne de sportifs français porteurs de la flamme : congresutileetserein.com.

Je passe sur le manque d’ambition du nom, et sur l’ironie de souhaiter un congrès serein après avoir démarré une telle initiative personnelle, Versac résume très bien cela. Attardons nous sur le choix du nom. Un commentaire de Dagrouik sur le blog de celui m’a décroché la mâchoire de stupéfaction :

Le nom est parti d'une blague, et oui, tout simplement. Mais c'est tellement plouc pour les esprits éclairés que vous êtes.

Je dois être un esprit éclairé car je trouve ça plouc. Pourtant, je ne suis pas le dernier à aimer la déconne, je vous assure mais là, ça ne me fait pas rire. Enfin si, mais certainement pas comme ça devrait. Quand on a une candidate qui a été tant attaquée sur sa crédibilité, quand on souhaite proposer une démarche fondatrice qui va faire émerger un courant de pensée, on ne choisit pas un nom de site et de domaine à partir d'une blague, tout simplement. Je critique assez le manque de stature présidentiel de l’actuel hôte de l’Élysée pour ne pas être consterné par le manque de stature politique d’une personnalité influente d’un parti dont je suis proche.

En plus de cela, je trouve l’humour des communicants Ségoléniste médiocre. Tant qu’à prendre un nom à la con, je préférais ma proposition, reprise honteusement par Versac : pouruncongresmeilleur.com.

jeudi 10 avril 2008

Les voix dissidentes

On peut se souvenir de Fadela Amara, secrétaire d’état d’ouverture qui avait qualifié de dégueulasse l'amendement ADN de la loi sur l’immigration, s’attirant les foudres des parlementaires UMP avant que la présidence n’appelle au retour au calme. On peut se souvenir de Rama Yade, qui jugeait indécente la visite du colonel Kadhafi en France avant de se raviser. Il y a aujourd’hui celle de Nathalie Kosciusko-Morizet, critiquant le groupe parlementaire de l’UMP et son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, avant d’être forcée de présenter des excuses.

Alors que l’on nous habitue à une communication maitrisée, ces dérapages finalement ayant lieu à chaque fois sur des sujets où l’opinion publique est globalement défavorable à l’action gouvernementale, parlementaire ou présidentielle, me laissent songeurs. Certes on peut penser que NKM sort affaiblie, désavoué par son premier ministre. On peut voir également que cela la pose en victime, ce qui la rend populaire auprès des opposants aux OGM. Le gouvernement crée ainsi en son sein une égérie des opposants, il peut faire valoir que le débat existe dans la majorité et arbitrer comme bon lui semble.

vendredi 4 avril 2008

Congrès utile

Ségolène Royal a publié aujourd'hui un texte : "Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français ?". C'est mieux que l'ancien titre : "Comment le congrès du PS peut-il être utile à Ségolène Royal ?".

Le post, La presse au menu du vendredi 4 avril

mercredi 19 mars 2008

Le MoDem n’est pas un parti politique

Après avoir réfléchi aux mouvements convulsifs du MoDem entre les deux tours du MoDem, je suis convaincu que le MoDem n’est pas un parti politique ou tout du moins il ne devrait pas l’être.

Nous considérons que l’affrontement entre la droite et la gauche, cette grille de lecture du siècle passé, ne permet plus de résoudre les problèmes de notre temps.

François Bayrou, lors du lancement du MoDem.

Depuis sa création, cette considération est la clé de voute de l’idéologie du MoDem. Qu’on soit d’accord ou non avec ça, ce n’est malheureusement pas suffisant pour un parti. La provenance des membres du MoDem et leurs différences de stratégie au deuxième tour selon les municipalités montrent d’ailleurs la difficulté de trouver un plus grand dénominateur idéologique commun que cette simple envie. Le MoDem regroupe donc les gens prêt à accepter un compromis, à accepter le débat et à comprendre que leur point de vue ne s’impose pas. Cela n’est pas une idéologie politique.

J’ai finalement l’impression que le MoDem propose plus une manière de faire de la politique qu’une réelle ligne politique. Il regroupe finalement tout ceux qui, pour une raison ou une autre, ont trop de divergence avec les partis traditionnels et qui voient ici la possibilité de s’exprimer plus librement. Je ne vois pas comment cela peut aboutir à une proposition cohérente. Compter sur le bon sens des membres du MoDem pour prendre des décisions n’est pas un argument suffisant pour rallier des suffrages. Le Modem devrait être un courant transversal aux partis politiques, pas un parti. À moins que son salut ne soit européen.

mardi 18 mars 2008

Valery et le 8 mai

Via notre bien cher maitre (je ne parle pas que d’argent), j’apprends que le président Valery Giscard d’Estaing avait supprimé le jour férié du 8 mai pour fêter la réconciliation franco-allemande. En lisant cela, je n’ai pu m’empêcher de me remémorer sa voix emplie de larmes quand il évoquait les troupes allemandes invitées à descendre les Champs-Élysées lors d’un 14 juillet. Le souvenir de la guerre semblait plus marquant pour l’homme que pour le chef d’état.

J’ai d’abord eu un sourire amusé en y pensant, avant de me dire que quand il a supprimé ce jour férié, Valery avait peut-être simplement mis de coté ses sentiments pour faire ce qui lui semblait bon pour le pays. Aussi malheureux qui soit (on peut juger que l’on commémore une date clé de la fin du régime plutôt que la vistoire sur l’Allemagne) je trouve finalement à ce geste une certaine grandeur.

lundi 10 mars 2008

Les morpions du MoDem

Qu’ils sont mignons, les stratèges de gauche et de droites qui proposent des alliance nationales avec le MoDem ! Bon, il faut dire que sur ce thème, en guise de stratège, on a eu Ségolène Royal et Jean-Pierre Raffarin le soir de l’élection. Des personnalités qui ont fait leurs preuves dans le passé…

Certes, François Bayrou pourrait passer pour plus bête qu’il n'est avec sa rengaine sur les deux principaux partis qui verrouillent le système mais de la à se tirer une balle dans le pied en rejoignant un des deux camp, il y a un pas que seul un paraplégique voudrait faire. Finalement, à défaut d’apprécier le discours du dirigeant du MoDem, j’aime les conséquences de la présence de son électorat, cette entité insaisissable, sujette à de vaines convoitises. Voir gauche et droite tenter de faire la parade du paon devant des électeurs qu’ils ne savent pas séduire est délectable.

Salade niçoise

Christian Estrosi a déclaré qu’il démissionnerait s’il était élu à la mairie de Nice. Amis niçois, je suis normalement contre l’utilisation de moyens de pressions à des fins électoralistes, mais là c’est différent, c’est une chance inespéré pour le pays. Pensez à nos dépenses publiques, soyez altruistes, votez Estrosi.

Un petit tour du premier tour

Par ordre vaguement alphabétique des villes concernées, les bonnes nouvelles :

  • Alain Juppé est réélu (comme il y a deux ans).
  • Serge Dassault pourrait perdre son siège.
  • Dominique Perben est éliminé dès le premier tour.
  • François Bayrou, avec son discours qui ressemble de plus en plus à celui de la bande des quatre tenu par Jean-Marie Le pen, n'est pas arrivé en tête et aura du mal.
  • Renaud Dutreil, parachuté médiocre, est troisième, et il est surtout devancé par la dissidente de l’UMP.
  • Pierre Albertini, girouette de la mairie de Rouen, est sorti.
  • Christian Vanneste, l'homophobe caricatural, est battu à Tourcoing.

et les mauvaises :

  • Eric Besson, Hervé Morin, André Santini réélus dès le premier tour, la traitrise paye bien finalement.
  • Arnaud Montebourg est élu dès le premier tour, le cumul des mandats en prend un coup.
  • Jean-Christophe Fromantin devance Arnaud Teullé à Neuilly sur Seine, les arrangements politiques font la fête.

Bon j’ai du raté quelques évènements mineurs mais globalement, c’est une soirée plutôt bonne.

P.S. : Je ne connais pas les résultats de Joudreville, mais je prédis une victoire d’une liste sans étiquette (probabilité de 100%).

mardi 26 février 2008

La fin des principes

Parmi l'argumentaire honteux des défenseurs de l’écart de langage présidentielle, il ne manque plus que Françoise de Panafieu pour dire qu’après tout un pauvre con est plutôt sympa.

mardi 19 février 2008

Une autre idée de la présidence

Notre président remonte ! D'après un sondage BVA à paraitre demain, ils sont en effet 10% de plus à avoir une mauvaise opinion de lui en un mois, soit un total de 58%.

J’aimerais une explication politique pour expliquer cette baisse : un rejet de la politique des quotas de reconduction à la frontière, qui crée plus de problèmes qu’elle n'en règle, ou de la politique fiscale qui va me faire gagner du fric dont je n’ai pas spécialement besoin, juste pour que je puisse vivre plus facilement en remboursant ma maison que tous ces cons de pauvres qui doivent payer un loyer. Enfin un truc de ce genre, mais je doute.

Non, ma conviction, c'est que c’est l’image que donne notre président qui agace. Une désinvolture, un manque de manières et de tact dans les relations internationales, tout cela ne colle pas à l’image que l’on peut avoir d’un chef d’état, y compris quand il est de votre camp. Cela expliquerait aussi les scores moins négatifs de François Fillon (mais si, notre premier ministre).

C’est con hein, mais il se pourrait alors qu’on ne juge pas le chef de l'exécutif sur sa façon de gouverner. Ce qui prouverait que malgré les apparences, la séparation des pouvoirs est encore dans la tête des français.

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