L'avis de Nicolas B.

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jeudi 3 juillet 2008

Manipulation des médias

Camarades, on nous manipule et ça fait froid dans le dos ! Via Luc Mandret, j’ai compris comment l’Élysée avait instrumentalisé la fusillade de Carcasonne et le off du président pour faire oublier le thème du pouvoir d’achat.

Évidemment, depuis que je sais que les américains ont fait sauter les twin towers pour pouvoir attaquer l’Irak, je suis plutôt blindé niveau surprise, mais je reste toujours admiratif devant l’imagination des conseiller politiques pour détourner l’attention. Imagine ami lecteur ! Imagine un conseiller de l’Élysée appelant un petit sergent de province pour lui dire de tirer dans un tas de visiteurs à balle réelle parce que les routiers trouvent le diesel trop cher ! Imagine un autre conseiller filmer lui même le président en train de réajuster sa cravate pour que l’on évite de parler du paquet de Barilla à 1,80€ le kilo ! Ça fait froid dans le dos. Encore un peu et on peut imaginer les mêmes conseillers former des colombiens pour mener une mission commando d’espionnage pour libérer Ingrid Bétancourt aux mains des FARC.

Euh… Bon ok, j’ai mal compris. Luc ne dis pas que l’Élysée est à l’origine de cette sur-médiatisation, juste qu’il l’instrumentalise. comme si les médias avaient besoin d’aide pour traiter l’information comme du spectacle et se rendre compte qu’un thème qui est à l’affiche depuis trop longtemps ne fait plus recette.

mardi 1 juillet 2008

L’ORTF se dégonfle

Ce qu’il y a de plus intéressant avec cette video off de Sarkozy dont tout le monde nous parle (pour nous dire que c'est au choix un monument d’information ou un truc moins informatif que le SMS pipeauté du nouvel obs) c’ la justification de ceux qui jugent cela intéressant. Au rang des arguments numéro 1 : Nicolas Sarkozy s’assure que l’on parle de sa visite à Carcassonne…

Rah la vache ! Alain Peyrefitte doit être jaloux ! Nicolas Sarkozy, en une phrase a obligé un journal national à parler d’une visite du chef de l’état sur le lieu d’une fusillade ! Puisqu’on vous dit que le contrôle des médias est omniprésent ! On sait pourtant que sur France3, entre les vacances scolaires de Celles-sous-Gouzon et le repas de l’amical des ainés de Mortefontaine-en-Thelle, ils sont incapable de parler de l’actualité nationale ! C’est dire si l’intervention du chef de l’État dans la ligne éditoriale était visible. Ah non vraiment, j’ai honte pour la France !

mardi 3 juin 2008

Les charognards

Journal de sept heures sur France Inter, ouverture sur l’accident du bus en Savoie. Les reportages sur le sujet s’enchaînent : les détails de l’accident, le témoignage d'une mère d’un camarade d’école, celui d’une rescapée… Je n’en crois pas mes oreilles. J’imagine la scène surréaliste d’une jeune fille ayant vu ses camarades mourir et qui voit les charognards arriver pour recueillir son témoignage. Un témoin direct, rien de tel pour bien visualiser le drame.

J’ai coupé la radio, remis mon CD des Dresden dolls et respiré un grand coup. J’étais à la fois choqué et en colère contre des journalistes qui semblent être trop à l’affut du scoop pour respecter le deuil. L’opinion a-t-elle vraiment besoin de ce voyeurisme immonde pour comprendre se rendre compte de l’horreur de ce genre d’accident ?

lundi 26 mai 2008

Lemmings

L’AFP nous informe que la doyenne des français est morte, et nous livre le nom de la nouvelle doyenne. Vu le temps de réaction, une liste morbide des plus vieux français doit trainer au sein de l'agence. Et doucement, la liste change. L’intérêt pour ce suivi morbide me fascine. Enfin maintenant au moins, on ne les fait plus chanter.

mercredi 23 avril 2008

La mort de Pascal Sevran

Lundi, vers 18 h 45, raconte un journaliste d’Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach appelle la rédaction : il a une info, Pascal Sevran est mort. «La rédaction freine, explique le journaliste, il n’y avait aucune confirmation.» A deux minutes du journal de 19 heures, Elkabbach rappelle : «Je confirme.» Un salarié de la station soupire : «Après tout, c’est le patron, on se dit qu’il a des réseaux qu’on n’a pas.» Et Europe 1 d’annoncer la fausse nouvelle, très vite démentie.

[...]

Il y a à peine un mois, un certain Jean-Pierre Elkabbach annonçait la création d'un groupe de travail chargé, à Europe 1, de réfléchir sur «les sources, la vérification de l'information, la crédibilité des sites Internet, des blogs, les rumeurs, les frontières entre la vie publique et la vie privée».

Libération, Elkabbach, le scoop de la mort qui tue

Visiblement le groupe de travail commence par un mise en situation, ça doit être ce qu'opn appelle du journalisme de terrain.

vendredi 28 mars 2008

Le figaro et les probabilités conditionnelles

Une probabilité conditionnelle est la probabilité qu’un évènement découle d’un autre. La probabilité qu’un évènement B se produise lorsque l’évènement A s'est produit (la fameuse probabilité conditionelle, que l'on énonce : la probabilité de B sachant A) est bien entendu différente de la probabilité que l’évènement A se produise sans tenir compte de B.

Prenons un exemple simple pour illustrer ces propos: admettons que la chance pour une personne tombe enceinte lors d’un rapport sexuel soit de 10% (aucune idée de la crédibilité de ce chiffre), ceci est la probabilité de l’évènement A. Si on considère maintenant l’évènement B « être un homme », je vous assure que la probabilité de A sachant B, n’est pas de 10%, elle est plus proche de 0% (encore que, via un twit de Laurent).

C’est assez simple non ? Et bien visiblement, pas pour le figaro :

«Pour 58% des Français, le style Sarkozy a changé en bien.» C’est le titre d’un article de l'édition papier du Figaro de ce vendredi, qui s’appuie sur l’analyse d’un sondage réalisé par Opinion Way pour Le Figaro et LCI.

[…] À la question «Diriez-vous que depuis quelques semaines, Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière différente», 49% des sondés répondent par l’affirmative, 50% jugeant qu’il préside de la même manière.

D’où viennent alors ces satanés 58% ? C’est en fait la suite de la question, sur les 49% des Français qui estiment notre Président changé, 58% disent que sa manière d’exercer la fonction de président de la République a changé plutôt en bien.

Liberation, Sondage: le titre du «Figaro» inverse la tendance.

Ahah, ils sont nuls en maths au figaro ! Alors que chez libération, non. Encore que, un peu plus loin dans l’article, on lit : Si l’on fait le calcul, on s’aperçoit que ce sont en réalité... 28,42% des Français qui trouvent que le Président a effectivement changé. Malheureusement raté, ce chiffre est celui des français qui pensent que le style de Nicolas Sarkozy a changé et qu’il a changé plutôt en bien. Dommage, on était pas loin d’une bonne note chez Libé.